Nuit difficile à cause du bruit ? J'ai le remède : tampons de marque 3M, référence FP-01-008P, redoutables, hyper-confortables, qu'on ne trouve d'après une de mes filles — attention c'est un peu snob — qu'à New York City, San Francisco, et à la pharmacie de la Gare Montparnasse, niveau grandes lignes. Je vous dis ça, parce que j'aurais bien aimé les avoir la nuit dernière. Comment vous expliquer… dans les trois hôtels que j'ai faits jusqu'alors en Hongrie, bien que le confort soit là, et l'accueil extrêmement gentil, il y a toujours deux ou trois trucs qui clochent (ça me rappelle un pays que je connais bien !). Le flexible de douche qui est cassé ce qui fait qu'on asperge partout, la porte coulissante de douche déglinguée, un robinet qui branle et qu'on n'arrive pas à fermer, la chasse d'eau qui fuit, un fusible qui saute dès qu'on allume, les rideaux trop petits ou déchirés comme aujourd'hui, ou une magnifique fenêtre avec double vitrage, mais dont le joint a disparu, ce qui fait que toute la circulation de la route 11 se retrouve dans la chambre ! Je vous rassure, j'étais suffisamment abruti hier soir par la fatigue et le Tokay pour dormir malgré le bruit, mais j'ai dû rêver des 24 heures du Mans !
L'itinéraire direct était la route 11, en rive droite, mais le patron de l'hôtel m'a vivement conseillé de prendre le bac vers Szob (je n'invente rien !) et de circuler en rive gauche sur un chemin dédié, et bien sûr reprendre le bac à l'arrivée pour rejoindre Visegrád. Et j'ai très bien fait de suivre son conseil, car mon étape de 40 km (+ les deux traversées) a été splendide et très agréable. Et à la différence d'hier, le Danube, je l'ai vu ! Je le vois même en me penchant depuis ma chambre d'hôtel.
Conversation marrante avec le mec au polo bleu sur le premier bac (un hongrois) :
— are you german ?
— no, I'm french.
— oh putain !
— so you speak french !
— No ! I've been working in Germany with french peoples and that's the only word I know :-)
Quand il m'a doublé sur la route quelques minutes plus tard, je lui ai lancé un "oh putain !"
Epaté aussi par le fonctionnement des bacs. En fait, ce ne sont pas des bacs motorisés, mais des barges. Au moment de partir, on largue les amarres, on commence à dériver, et alors un petit remorqueur embusqué vient se mettre à couple et achemine la barge de l'autre côté. S'il loupe son coup, on se retrouve à Istanbul ! Tout va bien finalement, je suis comme prévu à Visegrád, à l'hôtel Vár Kastélyszálló. Le mec de l'accueil, super joyeux, me dit que c'est super difficile de prononcer le français !